(1)
A cause de ceux qui divisent les hommes, en les trompant ou en les
détournant de la prophétie, aujourd’hui personne ne s’aperçoit
que le Fils de l’homme est le Schilo que Jacob annonce lorsqu’il
prophétise sur ses douze fils. Nul ne sait alors qu’il s’agit du
Fils unique, que l’on voit également à travers beaucoup d’autres
personnages de l’Écriture. Mais, quel que soit le nom qui lui est
donné, il s’agit toujours du fils unique de Dieu et non de plusieurs.
(2)
On peut aussi lire dans le Livre :
Mais
ils sont devenus durs d’entendement. Car, jusqu’à ce jour, le même
voile demeure quand ils font la lecture de l’Ancien Testament ; et il
ne se lève pas, parce que c’est en Christ qu’il disparaît.
Puisque
le voile disparaît en Christ (ce qui signifie au jour où il se
manifeste sur la Terre) cela ne s’entend qu’aujourd’hui, parce que
je déchire le voile de haut en bas du Livre. Jusqu’à présent vous
ne saviez pas que les Écritures étaient voilées, et que c’est avec
la venue du Fils (pour qui elles sont écrites) que ce voile disparaît.
Si donc le Fils était venu il y a deux mille ans, il va de soi que vous
sauriez ce qu’est sa crucifixion, la résurrection des morts à
laquelle il est le premier de tous à prendre part, ainsi que le
jugement dernier qu’il opère, les élus, le royaume et toutes choses.
Faites donc preuve d’humilité, et soyez avides de savoir ce qu’il
en est vraiment sur le Fils unique, car lui seul peut déchirer le voile
du temple, ce fameux voile recouvrant les Écritures.
Les
Écritures
(3)
Le nouveau testament était indispensable pour passer de Moïse à
Emmanuel, qui sont les deux êtres appelés sur la montagne de l’Éternel.
Étant les interprètes de Dieu, ils sont bien au-dessus des prophètes.
Ils parlent un langage commun, et sont en mesure de changer le monde. Un
prophète ne peut pas changer le monde ; mais les deux témoins de Dieu,
eux, le peuvent et le font. C’est pourquoi, sans Moïse, les hommes
seraient déjà tous morts ; et sans moi qui viens éclairer le monde,
nul ne pourrait vivre dans le siècle qui arrive. Mais je ne serai pas
toujours là pour vous parler des Écritures, aussi prêtez l’oreille
sur ce que j’en dis.
(4)
L’ancien testament, qui est en soi toute la prophétie et le corps du
Christ, a été réalisé par Moïse en Horeb ; et le nouveau testament,
qui servit d’abord à faire sortir les imposteurs et les traîtres,
puis à faire lever le Fils derrière eux, a été réalisé par Jean à
Patmos comme ce fut dit. Je sais que vous vous demandez alors s’ils se
sont fait aider. Je réponds que nul ne pouvait être dans le sein de
Moïse et dans le sein de Jean pour voir ce qui s’y trouvait, et que s’ils
se sont fait aider ce ne put être pour la prophétie en soi. Cela est
donc sans importance.
(5)
Écoutez avec attention : lorsque Pierre vit sur la montagne Moïse,
Élie et Jésus s’entretenant, et auxquels il voulait faire trois
tentes, que pensez-vous qu’il vit ? Parce que je suis Pierre, je dis
qu’il vit les trois personnes indispensables au monde qui conversaient
ensemble par l’intermédiaire des écrits. Jésus, personnage de cet
Élie qui devait venir, est celui qui écrit la vérité avec son propre
doigt. Et vous en avez le témoignage dans le passage de la femme
adultère que l’on amène devant Jésus pour connaître son jugement.
Il est écrit :
Moïse,
dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que
dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.
Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que
celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre
elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.
(6)
Si vous aviez prêté attention à ce qui est montré, vous auriez
remarqué que Jésus écrit un livre sur cette terre (et non dans le
ciel) avec son propre doigt. La Terre, qui lui est remise, étant aussi
le sujet sur lequel il se penche et écrit. Quant à la femme adultère
que Jésus pardonne, elle s’est révélée effectivement pendant que j’écrivais.
Il s’agit là d’un accomplissement manifeste de l’Écriture
touchant à ma vie. Pour comprendre cet accomplissement, sachez que
seuls ceux qui m’entourent savent réellement qui je suis et ce que j’écris.
Il s’agit de Joan et de son épouse, ainsi que de la femme de la ville
que Dieu fit venir à moi lorsque j’étais épuisé. Cette dernière
est la samaritaine dans l’Écriture, qui est désormais avec son
cinquième mari, et celle qui versa son parfum sur moi pour ma
sépulture.
(7)
Joan est le nom spirituel de cet aveugle de naissance auquel j’ai
ouvert les yeux le premier. Il est mon ami, mon confident ; celui qui s’assoit
à ma table et met volontiers avec moi la main dans le plat. Son
épouse, d’une grande moralité, est exemplaire dans sa conduite.
Cependant, elle commit un adultère ; et nous en fûmes fort surpris et
ébranlés. Elle-même était très éprouvée, car elle ne comprenait
pas cette sorte de folie passagère dont elle venait d’être l’objet.
Je lui dis, ainsi qu’à son mari, que cela ne venait point d’elle,
parce qu’il s’agissait d’un accomplissement fort important de l’Écriture
n’ayant pu être évité. Je leur montrais que tout ce qui est écrit
s’accomplit inexorablement et indépendamment de notre volonté pour
nous servir de témoignage.
(8)
Que tous ces accomplissements vous fassent saisir que personne au monde
ne peut être le Christ si ce n’est lui-même, car nul autre que lui
et ceux qui l’entourent ne pourraient ensemble accomplir ce qui est
écrit. Vous avez donc la certitude que Jésus écrit avec son doigt sur
la terre, ainsi que l’Écriture le mentionne, et que ce qu’il écrit
est ce livre assurément. En effet, puisque lui seul connaît la
vérité, pourquoi donc ne l’écrirait-il pas ? Le livre qu’il
écrit est sous vos yeux. Il s’agit également du livre de vie de l’Agneau
ou encore du petit livre de cet ange qui arrive avec force (dans l’apocalypse
de Jean), en mettant un pied sur la mer et l’autre sur la terre, pour
montrer au monde entier combien est grand son personnage, mais aussi
pour prévenir qu’il n’y a plus de temps pour ce monde.
La
mère de Jean et la mère du Christ
(9)
Soyez fort attentifs à ce qui suit, car je vais lever le voile sur une
grande partie de l’Écriture. Ayant conçu le nouveau testament, Jean
est forcément né de l’ancienne Alliance de Dieu avec les hommes.
Élisabeth, mère de Jean, est le nom de cette première alliance et non
une femme ! Jésus, qui est Emmanuel aujourd’hui dans le monde, lui,
est forcément né de la nouvelle Alliance de Dieu avec les hommes,
puisqu’il s’y trouve à l’origine. Sa mère, Marie (qui signifie
celle qui est mariée à Dieu), est le nom de cette nouvelle et
dernière Alliance.
(10)
Je le dis autrement : Jean est né du monde esclave, qui fut esclave à
cause de l’ignorance de la vérité et des ténèbres qui couvraient
le monde. En effet, l’arche de l’ancienne alliance (l’ancien
testament) ne permit point aux hommes de naître de l’esprit mais
seulement de la chair. Jésus, lui, est né du monde délivré de l’ignorance
et des puissances de Satan. Car la vérité affranchit et libère l’homme.
Elle fait naître une deuxième fois ceux qui sont nés de la chair, et
qui l’épousent. C’est pourquoi il est écrit que le Fils est celui
qui ressuscite le premier d’entre les morts. Convenez donc que ce
terme de premier ressuscité, ou de premier-né d’entre les morts,
signifie incontestablement qu’il y en a d’autres qui naissent à sa
suite. Et c’est à cela que vous assistez avec moi, à votre propre
résurrection.
(11)
Un prophète est un homme qui naît d’abord d’une femme comme tout
homme. Et lorsqu’il est en âge de comprendre, il naît à nouveau de
l’esprit cette fois, car ses yeux s’ouvrent sur ce que quiconque n’a
encore jamais vu. Et c’est à cet instant seulement qu’il sait qu’il
est prophète et envoyé d’en haut. Il naît ainsi de l’esprit et
non plus d’une femme, parce que d’une femme il est déjà né. C’est
pourquoi je dis : je suis né à quarante-deux ans. Vous-mêmes, qui
êtes mort sans la connaissance, je vous ressusciterai par mon baptême,
et vous donnerai une vie nouvelle en vous conduisant dans toute la
vérité. Serez-vous alors nés une deuxième fois d’une femme ?
(12)
M’entendez-vous, vous qui voyez une femme en Marie, et une femme qui
serait forcément l’égale de Dieu pour avoir ensemble un fils ? La
femme est l’égale de l’homme et non de Dieu ! C’est pourquoi on
ne peut naître que de Sion la deuxième fois, Sion étant le nom
spirituel donné à la montagne de l’Éternel sur laquelle on s’élève
progressivement jusqu’à son sommet depuis lequel rien ne peut rester
caché dans aucun domaine. En me suivant jusqu’à la fin du livre,
vous ferez cette ascension et toute chose sera différente à vos yeux ;
car les astres, le monde et son devenir vous apparaîtront autres que ce
que vous les voyez. Vous serez alors les premiers-nés.
(13)
Dans l’ancienne Alliance (dans l’ancien testament), c’est la
montagne de Sion qui était appelée la stérile, parce que d’elle,
aucun d’entre vos pères et d’entre vous n’a pu naître de l’esprit.
Mais voici que Dieu a eu pitié d’elle, et après l’avoir fécondée
avec le Saint-Esprit, elle vient maintenant de donner naissance à un
fils, au Fils de l’homme, dont le nom est Emmanuel. C’est elle la
mère de Jésus, car un prophète ne peut naître d’une femme. Jésus
explique ces naissances de l’esprit, pourtant vous ne compreniez pas.
Et ceux qui le comprenaient, si tant est qu’il en existe, ne l’appliquaient
pas à la naissance de Jésus...
(14)
Écoutez-moi encore un peu au sujet de la mère du Christ, qui est aussi
celle qui, derrière moi, va vous enfanter ; parce qu’Ésaïe
témoigne ainsi de ce que je viens d’expliquer :
Avant
d’éprouver les douleurs,
Elle a enfanté ;
Avant que les souffrances lui vinssent,
Elle a donné naissance à un fils.
Qui a jamais entendu pareille chose ?
Qui a jamais rien vu de semblable ?
Un pays peut-il naître en un jour ?
Une nation est-elle enfantée d’un seul coup ?
A peine en travail, Sion a enfanté ses fils !
Cette
fois, vous cesserez de dire que la montagne de Sion a accouché d’une
souris... Car vous voyez enfin qu’elle est la mère du Fils et de tous
les élus. Ésaïe dit qu’il faut beaucoup de temps avant que Sion
puisse enfanter, mais que le jour où elle donne naissance au fils
annoncé, elle met aussi tous ses enfants au monde. Abstenez-vous alors
de voir une femme en Marie. Et cessez de la prier, car on ne prie pas
Marie ! On prie Dieu seulement.
(15)
En ayant cru ce que la secte romaine vous disait sur Marie, la mère de
Jésus, comment allez-vous pouvoir naître de nouveau ? Par ailleurs,
comprenez-vous pourquoi Dieu demanda aux hommes de ne point se faire de
représentations quelconques des choses du ciel et de la terre, et
pourquoi il leur défendit de dresser des statues qui lui sont en
aversion ? Ceux qui transgressèrent cet ordre, combien seront-ils
aujourd’hui à en mourir si Emmanuel ne parvient à se faire
reconnaître à leurs yeux ? Ils adorent une femme qu’ils appellent
Marie. Ils la prient, elle, qu’ils croient l’égale de Dieu. Et ils
s’en firent une statue devant laquelle ils s’agenouillent en la
priant. Puis ils se lèvent, se retournent et s’en vont, en
pensant : je ne risque plus rien, je suis blanchi... Et moi je
brise cette statue sur leur crâne ! Car c’est aussi ce qu’ils
enseignent et font croire à leurs petits enfants.
(16)
Il me plairait d’anéantir vos croyances insensées afin que vous ne
périssiez point à cause d’elles. Mais briser les convictions de
quelqu’un, fondées sur des traditions ancestrales, est pire que de
lui briser un vase d’argile sur la tête ! C’est pourquoi je crains
beaucoup pour vous ; car je sais, moi, qui je suis et qui est ma mère
et mon père, et pourquoi je suis venu. Croyez-vous que je pourrais me
mettre en charge du monde si je ne savais point qui je suis et si je n’y
étais obligé ? Je ne le ferais pas, car je vais où je ne voudrais
point aller, et où j’ai déjà par trois fois refusé d’aller. Mais
j’y vais quand même, parce que j’ai en moi le pouvoir de la
résurrection et celui de sauver les élus de Dieu. Quel homme serais-je
donc si je faisais silence ? Quel jugement porteriez-vous sur moi si
vous saviez que j’existe et que je n’éclaire point le monde qui est
sur le point de disparaître ?
L’âge
et la tunique du Christ
(17)
Toute l’Écriture témoigne de moi, et aussi de mon âge si vous savez
lire ce passage dans lequel les juifs demandent à Jésus de leur
montrer un miracle, et auxquels il répond au sujet du temple :
Détruisez
ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a
fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu
le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. C’est
pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se
souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à
la parole que Jésus avait dite.
Il
fallut effectivement quarante-six ans pour bâtir mon corps, jusqu’à
ce que je saisisse l’Écriture, car c’est à partir de cet âge-là
que je la saisis entièrement.
(18)
Sachez aussi que, conformément à ce qui est écrit par ailleurs, j’ai
mis quatre jours pour m’apercevoir que la résurrection de Lazare
était l’image de mon propre réveil. En effet, c’est au quatrième
jour de ma lecture que je sentais qu’il s’adressait à moi. Puis mes
yeux se sont ouverts. J’explique ces choses en espérant que vous
puissiez encore entendre que Jésus est le guide du Fils de l’homme qu’il
cerne de toute part. Il l’oriente, le dirige et lui fait accomplir ce
qui doit l’être. C’est pourquoi je ne peux m’en détourner, comme
un ânon ne peut se détourner de celui qui est assis sur lui.
(19)
Il y a aussi les choses célestes qu’il me faut expliquer et ce sera
fait. Mais, pour cela aussi, j’avais besoin des prophètes pour m’apercevoir
que celui qui démontrait l’univers et qui lisait couramment leurs
écrits ne pouvait être que le Fils de l’homme, ayant Jésus pour
figure et tout l’ancien testament pour corps et esprit. A la suite de
quoi, je saisis ce qu’étaient mes vêtements, ainsi que ma tunique
avec laquelle je devais entrer dans le monde.
(20)
Au reste, compreniez-vous ce qu’est la tunique de Jésus ? Il est
écrit :
Sa
tunique était de toutes les couleurs ; elle était sans couture, d’un
seul tissu depuis le haut jusqu’en bas.
L’explication
de ceci est donnée par la lecture du Livre. Car, lorsque je lisais l’ancien
testament, je suivais le fil de ce qui était raconté, en m’apercevant
que le serviteur de l’Éternel était représenté depuis le haut
jusqu’en bas. C’est pourquoi, il est écrit que sa tunique est sans
couture (sans interruption), d’un seul tissu depuis le haut jusqu’en
bas, car c’est sa généalogie.
Le
chandelier
(21)
A ceux qui veulent en savoir davantage sur la prophétie, que je ne puis
expliquer en détail dans ce livre, je leur demande de ne point chercher
le corps du Christ dans le nouveau testament, car il n’y est pas. Non,
le corps du Christ se trouve dans l’ancien testament qui est toute la
prophétie et dans le monde aujourd’hui. L’Agneau, qui est Jésus
dans l’Écriture et moi dans le monde, est éclairé par sept
personnages, qui sont pour lui comme sept yeux. Ces sept éclairages
sont les sept lampes du chandelier que Moïse lui a préparé pour l’éclairer.
Il s’agit d’Adam, de Noé, d’Aaron, d’Israël, de Joseph, de
David, de Salomon.
(22)
Avec ce qui est écrit sur eux et leur vie, ces sept personnages
expliquent en eux-mêmes la personne et la mission du Fils. C’est
pourquoi avec le baptême que je dispense sur vous, vous pourrez me voir
tel que je suis. Voici cependant l’essentiel de ce qu’il faut savoir :
•
ADAM est celui que Dieu
appelle sur le soir (le soir du monde), qui est nu (ignorant) et n’en
a point honte. Mais Dieu le vêt. Adam est la première lampe du
chandelier.
•
NOÉ est celui qui
construit l’arche du salut, qui est ce livre allant vous chercher dans
la mer humaine pour vous mettre à l’abri sur les hauteurs pendant que
le déluge de feu et d’eau changera la face de la Terre. NOÉ est la
deuxième lampe du chandelier.
•
AARON est le second envoyé
qui porte les vêtements sacrés que lui fit son frère Moïse pour le
couvrir de dignité. Ces vêtements, qui ne sont point de tissu, sont
les miens et ceux de Dieu. Aaron est la troisième lampe du chandelier.
•
ISRAËL est Jacob qui lutte
dans les ténèbres contre lui-même, contre les hommes et avec Dieu, et
qui en sort différent. Israël est la quatrième lampe du chandelier.
•
JOSEPH est le rédempteur ;
car, bien que vendu par ses frères pour quelques pièces d’argent, il
les rachète avec son blé : entendez avec la connaissance qu’il
amassât au temps de l’abondance. Joseph est la cinquième lampe du
chandelier.
•
DAVID est le chef des
armées de l’Éternel, celui qui se lève pour combattre les
hypocrites (les philistins) et le géant militaire qui dominent et
perdent le monde. David est la sixième lampe du chandelier.
•
SALOMON est l’homme de
Dieu auquel l’Éternel donna de la sagesse, une très grande
intelligence, et des connaissances illimitées. Il est celui qui
commence à bâtir le temple que personne ne pourra plus détruire, car
il n’est point fait de main d’homme. Salomon est la septième lampe
du chandelier.
Voilà
ce qu’est le corps du Fils que vous cherchiez où il n’était pas,
et que vous ne voyiez pas. Il ne s’agit point de sept hommes, mais des
sept lampes du chandelier que Moïse a préparé pour m’éclairer. Ces
lampes sont sept étoiles que je tiens dans ma main, et qui l’éclairent
pour écrire la vérité.
La
pâque de l’Éternel
(23)
Quiconque mangera mon livre, mangera l’Agneau. Il aura alors accompli
la pâque de l’Éternel, car je suis votre pâque. Et dans les jours
prochains, où vous la mangerez, vous serez ceints de force et prêts à
partir sur les hauteurs de vos pays et là où je vous le conseillerai.
Sur cela, j’ai quelque chose à vous montrer ; car il est certain que
vous ne pouvez point lire Moïse, qui que vous soyez. Cependant vous
pouvez tous saisir le passage dans lequel il institue la pâque. Il
explique comment et quand on mange l’agneau, puis il conclut ainsi :
Quand
vous le mangerez (l’agneau), vous aurez vos reins ceints, vos souliers
aux pieds, et votre bâton à la main ; et vous le mangerez à la hâte.
C’est la Pâque de l’Éternel.
(24)
Comme on vient de le dire, la pâque de l’Éternel, consiste à manger
l’Agneau pour effectuer le passage du monde de ténèbres dans le
monde de lumière, de ce monde-ci dans le royaume de Dieu. Moïse montre
que vous serez prêts et debout le jour où l’agneau s’offrira en
sacrifice pour faire connaître la vérité au monde. Or, n’êtes-vous
point en train d’accomplir avec moi cette prédiction ? Ne mangez-vous
point à la hâte la nourriture de l’esprit contenue dans ce livre ?
Si à vos yeux je ne suis pas l’Agneau immolé, pourquoi avez-vous de
l’amertume dans vos entrailles et de la joie dans vos cœurs ? Ne vous
mettez point en alarme cependant, je ne viens point vous tourmenter ni
vous perdre, mais vous sauver. Prenez le temps de lire, car le Seigneur
vous accorde une année entière pour le faire, qui sera suivie d’une
année de grâce pour vous préparer.
(25)
Après que le temple de mon corps fut formé, ainsi que l’Écriture l’explique,
je me mis à la recherche de la vérité pour comprendre enfin qu’elle
était la véritable raison de l’existence. Voyant alors mon
obstination et ma persévérance, ainsi que les difficultés auxquelles
je me heurtais constamment, Dieu eut pitié de moi et m’appela auprès
de lui sur le sommet de sa montagne où il m’instruisit de toute sa
science. Dieu me montra toutes ses œuvres. De la sorte, Il me vêtit,
car j’étais nu. Il m’expliqua toutes choses célestes et
terrestres. Il me parla face à face longuement, patiemment, pour me
faire connaître la loi de son royaume dont Il venait de m’investir.
Et me voici au milieu de vous, tenant ce petit livre à la main, pour
vous montrer qu’il n’y a plus de temps pour ce monde.
(26)
Si vous ne me croyez pas ici, vous me croirez ensuite, car je vous
mettrai dans l’impossibilité de ne pas comprendre. Pour l’instant,
veillez à ne plus prendre les Écritures pour des fables ou des
histoires anciennes, parce qu’elles décrivent dans l’exactitude ce
qu’est le premier monde jusqu’à sa fin. C’est pour toutes ces
raisons que tout est figuré, et que vous ne devez plus prendre ce qui
est figuré pour des accomplissements passés. Abstenez-vous en, car
avec moi, vous mangez la pâque de l’Éternel en ce moment, qui est
son grand festin mentionné dans l’apocalypse.
(27)
A l’aide du chandelier, tâchez de vous asseoir dans le présent des
Écritures, sinon vous ne me reconnaîtriez pas et péririez par ce qui
arrive. N’attendez pas cependant que je me manifeste sur les places
publiques, ni que je répare ce qui est brisé, parce que vous vous
tromperiez sur moi. Contrairement aux hypocrites qui se donnent en
spectacle à la tête des nations, le serviteur de l’Éternel ne fait
point connaître son visage au monde, car ce n’est point lui qui
importe mais ce que Dieu lui commande de dire. Cela a déjà été
expliqué par Ésaïe de cette manière :
Voici mon serviteur que j’ai choisi,
Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir.
Je mettrai mon esprit sur lui,
Et il annoncera la justice aux nations.
Il ne contestera point, il ne criera point,
Et personne n’entendra sa voix dans les rues.
Il ne brisera point le roseau cassé,
Et il n’éteindra point le lumignon qui fume,
Jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice.
Et que les nations espèrent en sa loi.
(28)
Par ailleurs, il est indéniable qu’en présentant Jésus, Jean
présente à la fois Juda et le Schilo, sur lesquels Jacob prophétise ainsi :
Juda, tu recevras les hommages de tes frères ;
Ta main sera sur la nuque de tes ennemis.
Les fils de ton père se prosterneront devant toi.
Juda est un jeune lion.
Tu reviens du carnage, mon fils !
Il ploie les genoux, il se couche comme un lion,
Comme une lionne : qui le fera lever ?
Le sceptre ne s’éloignera point de Juda,
Ni le bâton souverain d’entre ses pieds,
Jusqu’à ce que vienne le Schilo,
et que les peuples lui obéissent.
(29)
L’explication de ceci est donnée dans le personnage de Juda (Jésus)
qui précède et annonce le Schilo (le Fils de l’homme) qui se
manifeste à la fin des siècles pour sauver les fils de lumière. Le
Schilo est comme Melchisédek, roi de Salem, signifiant : celui qui
existe de toute éternité, et auquel les rescapés lui seront
éternellement redevables de leur existence.
(30)
Je vous le dis, longtemps j’ai désiré me mettre à table avec les
douze fils de Jacob pour manger la pâque avec eux, car je savais qu’ils
étaient fort instructifs pour moi. Et c’est ce que j’ai fait. Puis
je vis que lorsque Jésus se met à table avec les douze, c’est en
vérité avec les douze fils de Jacob qu’il le fait pour converser
spirituellement avec eux. C’est pourquoi il est écrit que Jésus est
l’esprit des Écritures. Cet esprit qui est assis sur moi et auquel
vous devrez votre salut.